Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Débat participatif : l’enfance est-elle étrangère aux horreurs vécues la semaine dernière ? »

En remplacement de Pascal Bruckner, victime d’une extinction de voix, un débat animé par François Bayrou a regroupé Jean-François Khan, Marc Bélit, Paule Constant, Caroline Eliacheff et Philippe Torreton en interactivité avec la salle.

Il y a une semaine la France connaissait le plus grave attentat de son histoire. Ces horreurs vécues sont-elles étrangères, ou pas, à l’enfance des terroristes ? Telle était le thème du débat participatif improvisé à l’auditorium Alfred-de-Vigny. Pour les cinq participants les réponses sont multiples. « Il va falloir résister à la tentation du repli sur soi, martèle Philippe Torreton. Il faut s’élever pour éviter le KO. La culture interroge, elle peut être un des moyens de s’en sortir car elle permet de s’intéresser à l’autre. Comment l’autre vit et comment il évolue. » Un point de vue en partie partagé par la psychanalyste Caroline Eliacheff. « Il faut réfléchir ensemble, se questionner, pense-t-elle. Se questionner sans pour autant détenir une véritable bonne réponse. Essayer de comprendre ne veut pas dire excuser » Pour sa part, Paule Constant estime que notre jeunesse surprotégée a été touchée dans son innocence. « On a cru fabriquer un monde meilleur à nos enfants, insiste-t-elle. De plus, ce terrorisme nous choque parce qu’il fait appel au sacré. » Jean-François Khan voit dans la Marseillaise chantée un peu partout depuis huit jours  quelque chose de fédérateur. « Des paroles abstraites qui ne représentaient pas grand-chose pour certains auparavant nous touchent. » Quant à Marc Bélit, il se demande : « Ne faudrait-il pas enseigner dès l’école à aimer la France. Nous vivons un sursaut, c’est peut-être une occasion de rebond. » La solitude des individus a également été pointée du doigt. Une solitude quasiment organisée alors qu’à l’inverse, il faudrait la combattre.