Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

Philippe Ducat

L'idée du Progrès, dans le sens d'une amélioration qualitative, éthique, morale, et continue, n'est plus en usage dans le champ philosophique. Philippe Ducat, Professeur agrégé de philosophie à la faculté des Lettres de l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, prend une position normative et personnelle sur les usages dogmatiques, critiques et sceptiques du Progrès. Si aux 19è siècle, on imagine que les idées mènent le monde, et que c'est la Science qui donne le « La ». Citant Auguste Compte et Condorcet, Philippe Ducat affirme qu'à cette époque « l'illusion progressiste, continuiste de la science […] et la vision dogmatique du Progrès ont embrumé le paysage intellectuel de beaucoup de fantasmes. » L'usage critique du Progrès de Kant, signe quant à lui la possibilité d'un progrès moral et d'un ordre juridique mondial. Mais « toutes les générations en attendant sont des générations sacrifiées ». Les sceptiques pluralisent l'idée du Progrès dont le mouvement s'apparente à celui d'un joueur d'échecs qui joue sur plusieurs tables. Avec les sciences Darwiniennes, où le hasard tient une grande place, l'Humanité n'est plus le but ultime de la vie. Aujourd'hui la perspective du mieux est caduque et en se détachant du Progrès, « on se détache aussi du déclinisme ». Le temps n'est plus linéaire mais cyclique, où « tout est éternellement possible à la fois et ce qu'il va advenir dépend de nous ».