Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

François Bayrou et Alexandre Jardin

François Bayrou et Alexandre Jardin

Ouverture des Rencontres littéraires Les idées mènent le monde par François Bayrou,
Rencontre avec Alexandre Jardin animée par Philippe Lapousterle.

La vie comme un roman

Alexandre Jardin a grandi dans un milieu familial sans retenues. Un monde peu plausible qui lui a fait entrevoir très tôt que l'inattendu arrive et que la vie offre un panel plus large qu'on ne le croit. Et que, comme souvent dans les romans, « la vie se termine bien car elle nous veut du bien ».

Obsédé par l'amour fou...

Convaincu que les miracles arrivent parce qu'ils font partie du grand ordre de la vie et que le romanesque dans notre quotidien suffit à faire surgir le bonheur. « A 14 ans, j'étais malheureux de laisser  rentrer mon amoureuse slovène dans son pays. Mon père a tout organisé pour que je puisse être sur le quai de la gare et la retrouver. Sur place, j'ai découvert qu'elle avait un petit ami. Elle n'a jamais su  que j'avais fait des kilomètres pour la retrouver. Finalement pour moi, le miracle ce n'était pas de la retrouver mais de vivre cette expérience avec Papa. Savoir qu'on a le droit de rattraper les trains ».


... L'éveil des gens

Alexandre Jardin a une passion, la France et deux figures tutélaires : le général de Gaulle et Sacha Guitry. « Je suis sensible aux êtres qui écrivent leur vie ». En proposant des espaces suscitant l'imaginaire et les interrogations, l'auteur permet de vivre autre chose jusqu'à pouvoir échapper au réel. « Ecrire sur l'amour, c'est forcément écrire sur des gens qui se réveillent de leur inertie, de leur  croyance... ». Et si l'hésitation est souvent du côté féminin dans ses romans, « c'est parce qu'il est plus jouissif pour un auteur, de réveiller une Belle au Bois Dormant. ».

Et le besoin de se sentir utile

Alexandre Jardin constate qu'aujourd'hui les gens ont peur et que bon nombre désespèrent. Ne supportant plus cette désespérance chronique, il a depuis près de 15 ans monté des programmes civiques, notamment Lire et Faire Lire qui permet de transmettre le plaisir de la lecture aux enfants en milieu scolaire. « Ce qui nous importe c'est de partir des opérateurs, des gens qui savent faire des choses, les ''faiseurs''. Je n'ai aucun doute dans notre réussite car nous sommes des résistants au pessimisme par l'action. J'ai la conviction que si l'on ne traite pas les problèmes de la société, les gens deviennent fous ».

Une recette du bonheur ?

Un état d'incandescence auquel on accède quand on accepte de mettre du romanesque dans sa vie. Telle pourrait être la définition du bonheur selon Alexandre Jardin. Vivre le « juste une fois », vivre pleinement ce que l'on veut vivre, être immensément humain, entrer en scène et ne pas être spectateur de sa vie. N'est­-ce pas une frustration ? « Sans doute, mais on souffre avec délectation. La vie n'est pas l'issue, c'est le chemin. La condition du bonheur, c'est d'être conscient que l'accélérateur est à côté du frein ».