Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Les idées mènent le monde

Pascal Bruckner

Pascal Bruckner

Le bonheur est un devoir avec Pascal Bruckner

Dans « L’euphorie perpétuelle », Pascal Bruckner, romancier et essayiste, indique qu’il faut avoir conquis le bonheur dans sa vie. Pour lui, celui-ci est devenu un devoir par l’économie depuis les années 60 et l’invention du crédit. « Seul le plaisir du consommateur compte aujourd’hui. C’est à partir de cette période que la personne a été placée au centre de la société. » Si autrefois nos grands-parents et arrières grands-parents économisaient des années durant pour faire un achat conséquent, représentant l’aboutissement de leur vie, aujourd’hui, le crédit a complètement renversé ce rapport au temps. « L’invention du crédit fut une révolution du temps », poursuit-il. Mais le bonheur ne peut-il qu’être matériel ? « Non, car désormais l’homme est persuadé que s’il n’est pas heureux, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même », enchaîna-t-il.

Faire de la planète un jardin bienveillant

Au Moyen Age et sous l’ancien Régime, le peuple était obsédé par le salut de l’âme. La personne pensait qu’elle gagnait le paradis grâce à la souffrance. Or, au XVIIIe choses ont évolué sous l’impulsion de philosophes. Voltaire a notamment écrit : « Le paradis sur terre est là où je suis. » Ceci montrait que l’homme devait lui-même faire son bonheur et que le séjour sur la Terre pouvait être un passage agréable. Il appartenait à ce dernier de faire de la planète un jardin bienveillant. La joie, la gaieté étaient son véritable destin et la souffrance une parenthèse. « Le malheur nous encombre comme un paquet volumineux, insiste-t-il. Je serai heureux si je le décide. » Ceci est aléatoire car nous ne sommes pas maîtres de nos humeurs. Les joies cumulées permettent de tendre vers ça, tout comme le plaisir qu’on a vis-à-vis de telle ou telle chose. « Beaucoup de gens ne cherchent pas le bonheur, mais un destin, témoigne-t-il. Un destin gratifiant leur procure du bonheur, de la joie... » Finalement, la joie n’est-elle pas une alternative au bonheur ?