Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Patrick Pelloux et Rony Brauman

Patrick Pelloux et Rony Brauman

 

L’engagement humanitaire

Difficile a priori d’évoquer le bonheur quand on est engagé comme Rony Brauman et Patrick Pelloux dans l’humanitaire. « C’est effectivement ambigü », explique l’ancien président de Médecins sans frontières. « De par notre engagement, nous ne pouvons qu’adoucir le malheur des gens. » Un médecin est avant tout un acteur de la détresse humaine. Il essaie par son intervention d’apporter un peu de plaisir, de créer du bonheur dans le malheur ou d’adoucir les souffrances comme c’est notamment le cas en fin de vie. « Le bonheur, est-ce l’intensité dans le temps du plaisir ? Je ne sais pas », s’interroge-t-il. Dans son livre « On ne vit qu’une fois », Patrick Pelloux s’interrogeait sur ce qu’on peut faire pour aider la société. Jean Marziou, Rédacteur en chef de Pyrénées Presse, animateur de la rencontre, lui a demandé s’il a trouvé une réponse depuis. « On ne peut pas attendre ce que peut faire l’Etat pour nous, car l’Etat, c’est nous, précise-t-il. L’action humanitaire n’est pas uniquement évènementielle, c’est aussi aider les étudiants français qui vont aux Restos du cœur. Nous avons un pays qui reste profondément solidaire. Les Français ont un cœur grand comme cela... »

Un médecin porte un sac de pierres sur son dos

Autre sujet : la guerre. Si la violence est un dernier recours, le conflit est parfois nécessaire pour apporter un mieux aux populations. C’est le cas des frappes ciblées en Irak selon Rony Brauman, qui s’exprime là en tant que citoyen. Autre postulat défendu par les invités : si vous voulez aider tout le monde, vous n’y arriverez pas. Un médecin porte en permanence un sac de pierres sur le dos. Il est un passeur du temps du malheur au temps du bonheur. Son rôle est d’adoucir les souffrances de l’individu, de le soulager et de le rendre plus heureux.

La question, c’est de savoir s’il vaut mieux une vie intense et courte ou longue à n’importe quel prix ? Selon un sondage récent, le paradoxe, c’est qu’on est heureux individuellement à 70 % et heureux collectivement à 80 %. Il y a de quoi être inquiet sur l’avenir. La croissance fait-elle le bonheur de notre société ? Et, inversement, l’absence de croissance ne ferait-elle pas le malheur ?