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Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Jean-François Di Meglio

Jean-François Di Meglio

Ancien élève de l'école supérieure et de l'université de Pékin, Jean-François Di Meglio a passé plus de 20 ans dans un grand établissement financier français en Asie.

« Vision asiatique du bonheur »

Ancien élève de l'école supérieure et de l'université de Pékin, Jean-François Di Meglio a passé plus de 20 ans dans un grand établissement financier français en Asie.

Hommes d'affaires accompli, il menait en parallèle une recherche personnelle sur les systèmes de pensée orientaux.

En guise d'introduction, il indique que pour lui, « l'argent ne fait pas le bonheur. »

Alors que l'idée du bonheur est plutôt récente dans les pays occidentaux, elle est profondément ancrée en Asie depuis des années. Fruit de trois courants de pensées : le taoïsme, le confucianisme et le bouddhisme.

Les 3 bonheurs possibles

D'après Jean-François Di Meglio, il y a trois bonheurs possibles dans le monde chinois : « la chance, la prospérité et la longévité. » Les asiatiques trouvent le bonheur dans la répétition et dans l'acceptation.

« Es-tu heureux ? » se traduit en chinois par « est-ce que ton cœur est ouvert ? »

A la question « avez-vous déjà vu un homme heureux en Chine ? » J-F Di Meglio garde l'image d'un homme promenant un oiseau dans une cage recouverte de tissu dans les rues de Pékin.

Au bout d'un moment, l'homme retire le cache et l'oiseau découvrant le soleil se met à chanter...

Il évoque aussi la représentation du bonheur en famille (cochon sous un toit en chinois) où quatre générations vivent dans une même maison.

Le bonheur asiatique aujourd'hui

L'Asie a subi ces dernières années les effets de la mondialisation et la société s'est peu à peu coupée des liens qu'elle avait tissés avec la pratique religieuse. « Le bonheur matériel s'est imposé » insiste-il. Les orientaux ont inventé le bonheur avant nous, mais l'ont oublié avant nous aussi. La question est de savoir si nous pouvons encore être heureux en Asie de nos jours.»

A l'inverse, les pays occidentaux sont en quête de « bien-être ». Le zen, mais encore le yoga sont désormais présents dans nos sociétés.

Le bonheur asiatique est-il différent du bonheur occidental ? Interroge Marc Bélit. « Le modèle de bonheur occidental n'est il pas synonyme d'accomplissement de soi ? poursuit-il.

« Ce qui me rend pessimiste c'est lorsque l'on oublie qui nous sommes », admet J-F Di Meglio.

Les asiatiques ont perdu cette notion à cause de l'émergence de leurs pays et on assiste à l'éruption d'une véritable brutalité. Un lien certain avec son ouvrage intitulé « Pékin nostalgie ».

L'important, ce n'est pas la recherche absolue du bonheur mais de réussir à trouver des parcelles de bonheur pour se ressourcer, des lieux de quiétude comme des jardins ou monastères.

Mais n'attendez pas d'aller en Chine pour voir de belles choses. Jean-François Di Meglio l'assure : « on se rend en Chine pour rencontrer des gens et non pas pour admirer les paysages. » Avant de conclure que si l'argent ne fait pas le bonheur, « la curiosité est gratuite.»