Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

Michel Drucker

« La gloire : le deuil éclatant du bonheur ? »

Homme de télévision, Michel Drucker connaît bien tous ses rouages pour fréquenter les plateaux depuis cinquante ans. Journaliste sportif à ses débuts, il a au fil du temps glissé vers la variété pour devenir l’ami des stars et l’un des animateurs les plus populaires du paysage audiovisuel français. L’un de ses premiers reportages sportifs, il s’en souvient comme si c’était hier, il l’a réalisé en Béarn en 1964, dans la plaine de Nay, avec Raymond Mastrotto qui termina cette année-là 28e du Tour de France cycliste. Alors que sept Présidents de la République se sont succédé à l’Elysée, il présente toujours, chaque dimanche, son émission de divertissement Vivement dimanche.

Distiller du bonheur par écran interposé

Sa notoriété ne lui est jamais montée à la tête en raison des valeurs inculquées par ses parents dès son plus jeune âge. « Les gens célèbres sont parfois cruels car ils oublient d’où ils viennent, explique-t-il. Moi je suis un gars de la province, élevé en Normandie. Je ne l’ai jamais oublié. » Il a recueilli les confidences de plusieurs centaines de stars du show biz, du monde politique, culturel et sportif. Il a aussi mesuré la détresse de certains quand ils perdent leur statut de vedette et retombent dans l’anonymat. « Une star tombée du TGV de la gloire, c’est comme un cycliste largué dans un col », compare-t-il. « L’angoisse d’une actrice, c’est que son téléphone ne sonne plus un jour. » Avec beaucoup de recul, il explique que la télévision est certes une passion mais aussi son travail. Et qu'il en a beaucoup d’autres en dehors. Le bonheur dans tout cela ? Le sien, c’est précisément d’en distiller chaque week-end, au travers de l’écran, aux gens qui regardent son émission.

La retraite attendra

Bien que la télévision soit devenue aujourd’hui un business, selon Michel Drucker, le service public comme France 2 a encore de belles années devant lui. Pour sa part et malgré ses 72 ans, il n’envisage pas de prendre sa retraite. « Je continuerai tant que ma mémoire restera intacte », confie-t-il. Il l’entretient, ainsi que son corps, par une hygiène de vie stricte et par la pratique du vélo et de la natation. « Vous savez, il y a des gens plus à plaindre en France que ceux qui font de la télé », insiste-t-il. Puis, il distille un dernier conseil à ceux qui rêvent d’étoiles au-dessus de leur tête : « Il vaut mieux être le premier dans son village que le dernier à Paris ! »