Pau

Rencontres Littéraires

Les idées mènent le monde

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Nicolas Bouzou et François Roux

Nicolas Bouzou et François Roux

L'économie du bonheur

L'économiste Nicolas Bouzou affiche son optimisme en la capacité de la croissance économique à améliorer notre bien-être. François Roux met en scène quatre adolescents en contradiction avec l'argent dans son roman Le bonheur national brut. Ensemble, ils s’interrogent sur le pessimisme ambiant qui semble particulièrement pesant en France.

La voiture sans chauffeur, les drones, l'intelligence artificielle... les potentialités de l'innovation seraient prodigieuses. « Si on est intelligent, ça peut améliorer notre bien-être, affirme Nicolas Bouzou. La croissance économique sert à ça. Ce n'est pas seulement de l'argent. » Selon lui, le premier facteur d'augmentation de l’espérance de vie, qui était de 29 ans au XIXè siècle, c'est la croissance économique devant la médecine, du fait que les gens ont pu se chauffer, s'abriter...

Des solutions pas appliquées

Les politiques ont leur part de responsabilité dans l'instauration des conditions du progrès. Dans le roman de François Roux, les quatre protagonistes ont 17 ans en 1981 quand est élu François Mitterrand, en qui ils fondent beaucoup d'espoir. Mais Nicolas Bouzou dénonce son bilan non sans une pointe d'humour : « François Mitterrand disait ''qu'en matière de chômage on a tout essayé'', je me permets de le contredire : on a essayé tout ce qui ne marchait pas ».

Les solutions existeraient comme la flexisécurité scandinave ou les PME d'Etat autrichiennes qui accueillent en apprentissage les publics que le marché de l'emploi rejette habituellement. « Techniquement, on peut revenir au plein emploi et si on ne le fait pas c'est qu'on ne veut pas. » Pourquoi ? Entre autre, parce que les Français n'exprimeraient pas assez leurs préférences.

Cette position étonne François Roux qui se demande pourquoi ils sont plus pessimistes que les Irakiens par exemple. Lasituation en France est-elle plus pesante qu'ailleurs ? Les euro-baromètres confirment que les Français sont les moins confiants en la justice, en l'entreprise, en les politiques... « Une spécificité liée au fait que la superstructure politique commet une erreur de jugement », observe Nicolas Bouzou. Le coût de l'inaction est terrible. Ce qui énerve le plus le corps social français, c'est que rien ne bouge. » Pour François Roux, « les gens ont perdu confiance en ceux qui les représentent parce qu'ils sont trop loin d'eux ».

Alors le cadre institutionnel doit-il être remis en question ? « Le problème économique de la France est surtout un problème de compétitivité des entreprises qui est un peu trop faible, notamment parce que l’État manque d'efficacité, répond l'économiste. Nous avons besoin de trois à quatre mesures à court terme comme un gros cachet qu'il faut déglutir et après ça ira mieux. »

La croissance concourrait donc au bonheur ? Peut-être mais pas que... « C'est aussi une histoire personnelle, une attitude, pour François Roux. On a survendu la notion de bonheur. Ça passe plus par le renoncement. Vouloir à tout prix être heureux est certainement la meilleure façon de ne pas l'être du tout. »