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Les idées mènent le monde

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Les passions réclament de la patience

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Passionné de littérature, de cyclisme et de boissons fermentées, Antoine Blondin vint souvent au Palais Beaumont. Il rédigeait là son papier pour « L'Equipe » quand la classique étape paloise du Tour de France le ramenait chaque été au casino ancien style se transformant en immense salle de rédaction le temps d'une soirée. Comment ne pas penser à l'auteur de « Monsieur Jadis » en ce deuxième jour des rencontres ?


Il disait en effet que tout le monde pouvait écrire avec facilité... sauf certains écrivains ! Peut-être parce que les essayistes écrasent cette année en nombre les romanciers, les auteurs invités à cette quatrième édition ne sont pas du genre à chercher leurs mots. Trop passionnés pour cela ! Les idées fusent, volent, ricochent sur des auditoires se sentant à chaque fois meilleurs et plus intelligents. François Bayrou et le commissaire général Philippe Lapousterle le répétent. Ils veulent cheminer en hauteur, sur une crête où les élitistes au souffle court et les populistes bas de plafond n'arrivent pas à grimper. Dès lors, toutes les réflexions sont possibles.

Le toujours époustouflant Jean-François Kahn surenchérit sur Lampedusa qui affirmait qu'il fallait que tout bouge pour que rien ne change. Selon le fondateur de Marianne, « tout se recomposera autour de l'identité française pour peu qu'elle reste ce qu'elle a toujours été, c'est à dire multiculturelle ».

Raphaëlle Bacqué, finement interrogée par Christian Seguin, envoie aux pelotes l'expression
« journaliste politique ». Elle ne sait qu'une chose : le devoir de ceux qui font profession d'informer est d'expliquer à leurs concitoyens, en priorité, comment le Pouvoir fonctionne...

Quitte à jouir du bonheur de philosopher, autant profiter de la présence de professionnels reconnus par la faculté. Etonnant Michaël Foessel, « accouché » par Jean Marziou, qui nous livre une clef. Les « trente glorieuses de la sexualité » qui ont suivi 1968 nous ont redonné la « maîtrise des sens, donc de toutes les déconvenues liées à nos propres responsabilités ».

Jérôme Deschamps, père des fameux « Deschiens », mais pas que, fabuleux découvreur de talents, a raconté comment sa passion du théâtre est née d'une enfance ennuyeuse. Tout est affaire de rencontres pour peu que l'on sache d'abord se trouver des « points d'appui » par le travail et l'observation. Fins portraits de Patrice Chéreau et de Jacques Tati, ses maîtres.

Retour à la réalité rugissante avec un Titouan Lamazou plus Béarnais de l'aventure que jamais et avec Jean-Michel Fauvergue, l'ancien patron du RAID qui a su triompher des misères que lui ont fait les politiques en se faisant élire député. Sans cacher toutefois que les tragédies vécues en direct – l'affaire Mérah ou le Bataclan – l'ont atteint au plus profond de l'âme. Parler de passions revient, ainsi, à évoquer des parts d'ombre voire la simple patience.

Aller dans l'espace se mérite, comme Léopold Eyharts l'a raconté et « parler dans le poste » tel Philippe Meyer demande aussi un savant mélange de rêve et d'effort.

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Jean-François Bège

 

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